Une Vie de Tilly ou La Mort du lys

Quatrième de couverture

   Le comte Alexandre de Tilly, ancien page de la reine Marie-Antoinette, le plus souvent méconnu, laissa des Mémoires, un témoignage essentiel sur la vie en France à la fin de l'Ancien Régime et dans les années post révolutionnaires.

    Dans un joyeux tourbillon, il nous emporte vers les salons de jeu et les boudoirs parisiens, les bosquets de Versailles et les coulisses de l'Opéra. Il fréquente assidument cette société légère et raffinée qui jette ses derniers feux avant de sombrer dans l'abîme. Mais la lecture des Mémoires révèle un Tilly plus grave, conscient des enjeux de cette fin de siècle. Il émigre en 1792, amer et nostalgique. L'auteure a tenté ici de faire revivre également l'ancien page vieillissant, le joueur invétéré et le noble désargenté à l'honneur perdu.

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Introduction à l’ouvrage en quelques mots

    J’ai tenté de « biographier », pour utiliser un néologisme, le comte Alexandre de Tilly à partir de ses Mémoires. Écrit dans les premières années du XIXe siècle, l’ouvrage reste inachevé puisqu’il se clôt en 1792, l’année de son émigration. L’auteur se suicide en 1816. D’où la difficulté de l’ouvrage. J’ai exposé mon projet biographique dans le Prologue que je résume ici.

   Dans la première partie, Tilly est vu à travers ses contemporains et familiers, notamment à partir de lettres, le genre épistolaire étant particulièrement répandu au XVIIIème siècle. Le « je » du narrateur se transforme ainsi en « il », ce qui permet de prendre un certain recul et d’éviter une trop grande empathie.

   Dans la deuxième partie, pour contrebalancer son absence, j’ai utilisé le « je ». Nous connaissons les grandes lignes de son existence mais la trame en reste lâche et j’ai comblé les vides avec une part de fiction qui reste, je le rappelle, plausible.

 Mon objectif, en écrivant cet ouvrage, était de réhabiliter ses Mémoires d’une part, l’auteur d’autre part, passé à la trappe de l’Histoire au cours du XIXe siècle vertueux et hagiographique. Tilly est redécouvert à la fin du XXe siècle, souvent cité par les historiens en tant que témoin des dernières années du XVIIIème siècle, ce siècle de « la douceur de vivre » dont parlait Talleyrand.

 D’où la difficulté d’inscrire mon ouvrage dans un genre précis : biographie ou fiction ? Je parlerais de « roman autobiographique » ou « d’autobiographie romancée ». Aux lecteurs et aux lectrices de décider !

Qui est le comte Alexandre de Tilly ?

   Alexandre de Tilly (Le Mans, 1764 – Bruxelles 1816), héritier d’une noble famille fut page de la reine Marie-Antoinette. Il mena une vie fort dissolue, s’adonnant au jeu et aux femmes. Mais, comme le remarque sa tante, il « aurait pu être un homme de bien. » Et, de fait, intelligent et cultivé, il commença à écrire très tôt. Il n’émigra qu’au dernier moment, en août 1792, ayant toujours soutenu la royauté ; il lui restera fidèle à la différence de bon nombre d’émigrés repentis qui sollicitèrent de Napoléon la grâce de leur retour. J’ai trouvé cette constance remarquable dans une époque où l’intérêt privé l’emporte : pour Tilly, c’est une affaire d’honneur, un honneur qui le poussera à se suicider lorsqu’il se verra incapable de rembourser une dette de jeu. On peut lui reprocher, évidemment, de s’être accroché à un mode de vie obsolète et de ne pas vouloir comprendre l’évolution de la société. Mais, et cela est aussi remarquable, certains passages de ses Mémoires témoignent d’une vision fort juste de la situation politique. Il faut dire que, par son statut privilégié, il fréquente l’intelligentsia européenne.

   Entreprenant et, en ce sens, moderne, il voyage : Londres, Philadelphie - où il se marie puis divorce -, Hambourg, Dresde, Potsdam – où il devient chambellan du roi de Prusse -, la Belgique enfin, laissant bien de cœurs éplorés...

   Personnage contrasté donc, attachant mais imbu de morgue aristocratique, très beau selon les témoignages unanimes de son temps, victime de son tempérament mais aussi des circonstances.

Il existe un lien très fort entre Littérature et Histoire. Pourquoi ?

   Essentiellement parce que les événements forgent les hommes, ceux de leur propre vie d’abord, les événements historiques ensuite. Mais l’on ne peut écrire qu’à l’intérieur de ce qui, à un moment donné, est réalité. Professeur de Lettres, je suis évidemment attachée à la littérature. Mais un regard plus vaste permet d’inscrire cette littérature dans le mouvement des idées, particulièrement en ce XVIIIème siècle qui voit la naissance de la modernité. Les écrits des philosophes des Lumières n’existent qu’en fonction d’une réaction contre la monarchie absolue, réaction qui aboutit à la Révolution. L’étude d’un texte hors de tout-contexte historique me paraît aberrante.

Un dernier mot pour mes lecteurs & lectrices

   On sait bien que tout biographe entretient des liens très forts avec le sujet de son étude. Ce processus d’appropriation est naturel ; entrer dans la pensée d’un être humain n’est pas neutre. J’aimerais que mes lecteurs et lectrices aiment le comte de Tilly autant que moi-même je l’ai aimé.

Sources : l'auteur de ce blog.

 

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